Un chirurgien esthétique en stage au Liban : « J’ai eu l’impression de génocider tout un peuple »

François L., 33 ans, en tremble encore. Rentré en France après 3 semaines au Liban à l’occasion d’un stage dans un important complexe de chirurgie esthétique, l’homme n’est pas revenu serein de son séjour dans ce que tous appellent au Moyen-Orient « La Mecque de la chirurgie esthétique ».

« Le complexe était composé d’une dizaine de cabinets de chirurgie. J’ai eu l’occasion de discuter avec les autres chirurgiens, pour parler de leur parcours, de leur avis, de leurs ‘trucs’ : beaucoup avaient commencé en se faisant les mains en chirurgie réparatrice de guerre, pendant la guerre Iran-Irak. Les nombreux défigurés leur ont permis de développer des qualités nécessaires pour transformer intégralement un visage en bouillie en une apparence d’être humain. Tous m’ont dit qu’ils ne tiendraient pas le coup sans cette expérience »

« Les femmes étaient si nombreuses, il fallait avoir un rendement que nulle part en Occident on n’a. Ces chirurgiens sont formidables. C’est le forfait ‘nez + hymen’ qui avait le plus de succès. Des femmes de tout le Moyen-Orient venaient se faire recoudre et raboter le nez. »

« C’était dans des volumes tels que j’avais cette terrible impression de génocider tout un peuple : cette volonté d’effacer tout trait caractéristique des femmes de ces régions du monde m’a particulièrement ému. Elles voulaient toutes ressembler soit à des stars américaines blanches, soit à des stars locales qui avaient déjà massivement eu recours à la chirurgie pour reconstruire leur visage. Je pense que c’est la faute des critères de beauté occidentaux trop mis en avant dans les pays européens. On devrait forcer les agences de mannequins européennes à donner une chance aux moches pour arrêter de les complexer. »

« Les chirurgiens se félicitaient tous d’être les artistes du Moyen-Orient : ils avaient une haute estime de leur mission qui consistait à faire naître la beauté même au Yemen. Un proverbe qu’ils aimaient répéter : « Derrière toute grande femme syrienne, il y a un grand chirurgien. »

Un témoignage qui fait froid dans le dos et nous rappelle l’importance de diminuer le nombre de blanches dans les films, séries, publicités, et partout dans le monde occidental.