Des groupes néo-nazis persécutent les minorités jusque dans les banlieues

C’est un véritable cauchemar qu’a vécu hier Abdel Al’Ackbar, un Français de 25 ans et père de huit enfants dans la cité du 66. Il nous a décrit les faits avec son accent mélodieux qui rappelle les magnifiques étendues d’Afrique :

« Ces bâtards ont sonné à la porte, pour une perquisition ils ont dit. J’ai donc pas paniqué et leur ait demandé, à travers la porte fermée, leur mandat, comme d’habitude. »

Il rajoute, pour s’expliquer :

« Parfois les nouveaux policiers pensent qu’on ne connait pas, nous, nos droits, qu’on ignore qu’ils ont maintenant besoin d’un mandat avalisé par la mairie et la Préfecture de Paris, tamponné par le chef de police, pour pouvoir entrer chez nous. Eh bien, cela fait toujours plaisir de renvoyer ces bâtards chercher leur paperasse, et c’est ce que j’ai dit à travers la porte. Ah ! Les sales flics de ta race ! » achève-t-il avec un moment bien compréhensible de désespoir.

Car c’est alors que, selon les dires du jeune homme, la police a tout simplement défoncé la porte.

« Ils sont entrés de force, chez moi, Monsieur. Y’a plus d’État de droits en France, je vous le dis. C’est un pays qui devient invivable, un pays fasciste qui est pire qu’Hitler, que d’ailleurs on aime bien chez nous, au Maghreb, car au moins il voulait tuer tous les juifs. »

Abdel, le souffle coupé, fait un effort visible pour continuer son récit. La mention du génocide juif l’a apparemment profondément bouleversé, mais il tient à faire son devoir de vérité :

« Alors, ils sont entrés. Pas la police, en tout cas pas au début : ils étaient habillés de noirs, et avaient le visage cagoulé. Deux bâtards de flics les suivaient, mais c’était ces hommes en noir qui menaient l’interrogation. Et la police, derrière, ne disait rien, elle les laissait tout faire !

Ces hommes nous ont fait asseoir tous autour de la table de la cuisine. Et ils ont assis Fatima, ma femme, sur la même table que nous. J’ai commencé à sentir monter la haine en moi, comment c’est possible qu’ils fassent asseoir les hommes et les femmes ensemble ? Je me suis tout de suite dit : voilà bien des fascistes qui ne respectent rien, ni le mandat de perquisition, ni nos traditions.

Et c’est là qu’ils ont sorti quelque chose de leur sac qui nous a tous fait frémir, même Aziz qui a pourtant déjà fait plusieurs années à la prison ! Un saucisson et des tranches de jambon ! C’est pas halal!»

Abdel Al’Ackbar prend sa tête entre ses mains et s’effondre en larmes :

« Et ils tapaient, ils tapaient, chaque personne à son tour, dans le visage, avec ce jambon, ce cochon sale et impur ! Et ça ne s’est pas arrêté là ! Ils ont même interrogé Fatima. Ils ont enlevé son voile de son visage, pour la gifler elle aussi, ma Fatima, avec cet horrible cochon de Satan ! On avait tous honte, qu’ils la voient comme ça, elle est si grosse maintenant Fatima, mais c’est parce qu’elle a vieillit, elle a presque 23 ans, mais si vous l’aviez vue quand elle était jeune, quand je l’ai épousée, il y a 15 ans de cela, comme elle était jolie ma petite Fatima ! Une vraie poupée ! »

Le pauvre père de famille traumatisé reprend son souffle puis continue :

« Mon fils cadet a fini par avouer, et là, ils se sont juste dirigés vers la cache et ont pris toutes les armes. Toutes ! Les kalash, les grenades, etc. Savez-vous combien ça va me coûter de reconstituer les stocks maintenant ? En plus les Ukrainiens ils ont augmenté les prix maintenant, car ils ont des stocks fixes de l’ex-URSS et une demande intérieure qui s’accroît. Si je ne pouvais pas emprunter, à taux 0, de l’argent à mes six frères, je serai tout simplement ruiné, ruiné Monsieur vous m’entendez, je n’aurais plus qu’à vivre des RSA de ma famille et des allocations. C’est déshonorant ! Comment on peut vivre en France après ça ? Je vous le demande ! »

Ces faits atroces et injustes pourraient bien être les premières actions d’un groupuscule d’extrême droite suprématiste extrêmement virulent qui a fleuri récemment sur la toile et les réseaux sociaux, recrutant ses terroristes via des sites nazis, qui relayent à peu près toutes les idées nauséabondes que l’on peut rencontrer sur la fachosphère, dont celles de fermer les frontières. Il faut pourtant espérer que la justice et les hommes politiques tiendront bon face à ces tentatives d’intimidation. Le Président Hollande a surpris son parti en déclarant hier qu’il ne pourrait se déplacer pour serrer la main d’Abdel Al’Ackbar, ce qui au regard de l’opposition montre bien que l’intimidation nauséabonde des fascistes commence déjà à faire plier le politique.