Esther Benbassa (EELV) propose la fusion des salles de shoot avec le planning familial

Fusionner les salles de consommation à moindre risque (« salles de shoot ») avec le planning familial : tel est l’ambitieux projet qu’a défendu la sénatrice EELV du Val-de-Marne, Esther Benbassa, lors du « Forum Vivr’ensemble que du bonheur » de Sartrouville. Le collectif « Stop salles de shoot » a immédiatement dénoncé « un pas de plus vers la banalisation des conduites à risques », estimant dans son communiqué « qu’une fois de plus, les écologistes feraient mieux de s’occuper de la nature plutôt que de dégrader notre cadre de vie ».

Face à ce tollé, Esther Benbassa déplore une « incompréhension » mais « reste optimiste » : « la seule chose que prouve cette levée de boucliers, c’est qu’il reste encore un énorme travail de pédagogie à faire pour sensibiliser les citoyens aux problématiques de santé ». Pour la sénatrice écologiste, il s’agit avant tout d’une « mesure de bon sens », puisque la « salle de shoot » expérimentale du quartier de la Gare du Nord jouxte déjà l’hôpital Lariboisière. « L’association Gaïa ainsi que toutes les associations d’aide aux individus en situation de toxicomanie avec qui nous travaillons réclament cette fusion depuis des mois, martèle Esther Benbassa, cela permettrait de mettre en commun locaux, équipements et personnels ». Benoît Hamon voit dans cette mesure « un symbole fort » : « l’avortement a été le grand acquis du XXe siècle, l’acceptation des personnes neuro-atypiques est la lutte prioritaire du XXIe siècle, quoi de plus beau que l’union de ces deux beaux combats ? »

De son côté, le Planning Familial de Paris n’a pas encore pris position fermement mais étudie « de plus en plus sérieusement cette proposition ». Certaines bénévoles, qui tiennent à rester anonymes, estiment qu’il est « pertinent de regrouper la prévention contre toutes les conduites à risques, que ce soit la maternité ou la consommation de crack« . Mais au sein de l’association, quelques voix dubitatives s’élèvent. Odile Toranian, médecin bénévole au Planning familial de la rue Vivienne, s’est ainsi interrogée sur « un éventuel sentiment d’insécurité que pourraient ressentir certaines femmes en situation de grossesse temporaire, notamment en raison de la présence d’individus assignés-hommes en salle d’attente. »