Grasse : le président de l’Union des Satanistes de France déplore les « amalgames »

Ce jeudi matin à Grasse, vers 11h, Killian, élève de 1ere L au lycée Tocqueville, a fait feu sur le proviseur, faisant deux blessés. Les nombreuses images retrouvées sur son profil Facebook attestent de l’appartenance du jeune homme au mouvement sataniste. Kevin Dupoireau, président de l’Union des Organisation Satanistes de France (UOSF), tient à témoigner de sa « profonde compassion envers toute la communauté éducative de Grasse » mais regrette dans son communiqué les « amalgames hâtifs » visant la communauté sataniste de France.

Communiqué de l’UOSF

« Au nom de l’ensemble de la communauté sataniste de France, je condamne fermement les actes ignobles de Killian et j’exprime ma profonde compassion envers toute la communauté éducative de Grasse. Puisse ce drame être un moment d’union et non de division, car ce que cherche ce jeune déséquilibré, c’est précisément à nous diviser. J’en appelle donc à la vigilance de chacun : ne tombons pas dans les amalgames hâtifs et les raccourcis hasardeux. Ceux qui veulent nous dresser les uns contre les autres n’auront pas notre haine. Le satanisme est une religion de paix et nul ne saurait tuer en son nom. »

Capture d’écran du profil Facebook de Killian, jeune déséquilibré se réclamant du satanisme

« Ne laissons pas un individu déséquilibré nous diviser »

Au téléphone, Kévin Dupoireau a rappelé le « profond attachement de l’UOSF aux valeurs de la République ». A Grasse, ajoute-t-il « les satanistes cohabitent en paix avec les autres habitants depuis des décennies, alors ne laissons pas un individu déséquilibré nous diviser ! Tous les satanistes ne tuent pas les gens et tous les tueurs ne sont pas satanistes. Je comprends que la population de Grasse soit sous le choc, mais nous ne pouvons pas tolérer la flambée d’amalgames qui se produit depuis ce midi. La plupart des satanistes sont des gens très intégrés qui veulent juste vivre leur religion en paix en France. » 

Les actes satanophobes en hausse

Enfin, le drame de Grasse est à mettre en regard avec la situation préoccupante de la communauté sataniste, fréquemment désignée comme bouc-émissaire, dans un contexte général de montée des extrêmes.

« Cette année, l’Observatoire de la Satanophobie a recensé près de 6666 actes satanophobes, s’inquiète le président de l’UOSF, soit une hausse de 6,6% par rapport à l’an passé ! On assiste à une libération de la parole anti-sataniste, ce qui est intolérable, mais aussi injuste puisque les satanistes sont les premières victimes du terrorisme ».