Le logo « commerce non équitable » fait fureur dans les supermarchés

La certification « commerce non équitable », ou « unfair trade » en anglais,  est apparue en France ce mois-ci sur de nombreux produits de supermarché. Son but : répondre à une attente toujours plus précise des consommateurs, qui demandent toujours plus de transparence sur ce qu’ils achètent.

Monsieur Damien, habitant à Paris dans le 15e arrondissement, explique :

« Au départ j’évitais juste consciencieusement les logos des ‘fair trade’, mais ce n’est pas le même gage de garantie. On peut très bien tomber sur une entreprise qui fait du commerce équitable sans le savoir, ou sans avoir demandé le label car elle a intérêt à le cacher du public. Maintenant, c’est plus simple, je n’achète que du ‘unfair trade’. Tous mes collègues et ma famille font pareil. »

Lorsque notre reporter lui a demandé pourquoi acheter des produits faits par des enfants ou qui exploitent les habitants du Tiers-Monde, Monsieur Damien a expliqué :

« C’est avant tout par souci d’équité. Moi, je suis salarié d’entreprise et je travaille au bureau plus de 50 heures par semaine alors qu’en France on n’en reconnait officiellement que 35. Lorsque je me rends au travail j’ai une heure de métro, un métro bondé avec des gens qui m’insultent alors qu’eux ne se déplacent que pour se promener. Mon patron me presse comme un citron et remet toujours la faute de ses projets qui ne marchent pas sur moi. Les RH poussent nos managers à me harceler pour que je démissionne sans compensation. Tout ça, c’est pour collecter une maigre paye dont 50% repart directement à l’Etat, qui le gaspille sur les vieux et les immigrés. J’utilise après 75% de l’argent restant pour payer la moitié de mon loyer, 1120 euros à deux pour un 21 mètres carré en face d’un HLM plein centre Paris où des gens bruyants sont logés gratuitement. On ne se supporte plus depuis longtemps avec ma copine, mais vu le prix du loyer se séparer n’est pas possible. Après tout ça, on voudrait en plus que je me tape un produit ‘fair trade’, juste pour que des flemmards du sud continuent de se la couler douce dans un pays ensoleillé où la vie n’est pas chère et l’immobilier gratuit. »