Macron veut faire payer un loyer aux propriétaires

L’État, ou plutôt la cohorte de ses hauts fonctionnaires logés gratuitement, ont toujours des idées formidables. Ainsi, de temps à autre, l’idée de taxer les loyers que le propriétaire « se verserait à soi-même », puisqu’il vit dans son propre appartement et donc ne débourse pas de loyer, refait surface.

C’est en pleine campagne électorale qu’Emmanuel Macron a proposé à nouveau l’idée géniale de la taxe des « loyers payés à soi-même ». Une idée d’ailleurs approuvée par Jean-Luc Mélanchon et la gauche en général :

« Cela permettrait plus de justice sociale. Les petites gens et les travailleurs déboursent bien un loyer. Les propriétaires ne paient que les autres 456 taxes sur l’immobilier, mais pas un sou de loyer. Pour l’État, c’est un manque à gagner, de l’argent qui pourrait bien être utilisé différemment, par exemple pour construire plus d’habitations à loyer modéré, en plein Paris pour éviter la stigmatisation et la marginalisation dont sont victimes aujourd’hui les jeunes des cités et les gens qui votent pour moi. », affirme même Hamon.

Certains pays appliquent déjà cette idée, et le groupe de réflexion de Sciences Po réuni par notre président François Hollande la lui avait soumise à nouveau.

Une idée de génie, donc, dont le concept, de manière intéressante, peut être appliqué pour produire de nouvelles lois fiscales, celles qui seront nécessaires pour renflouer les caisses de l’État Français, sempiternellement déficitaire depuis 1974, et ce en dépit des nombreuses chances pour la France accueillies sur son territoire un peu plus tôt.

Ce que Macron, choqué par la capacité d’Hamon à « lui voler son idée novatrice », a rapidement proposé.

Ainsi, dans la même brillante logique, notre futur président proposerait une fois institué de prélever le prix de la TVA sur les rapports sexuels que le couple, dans son intimité, se paye à lui-même (sans faire appel aux services de prostitués, ce qui lui permet jusqu’à présent de passer à travers les filets de toute fiscalité). Cette TVA serait basée sur le prix supposé d’un ou une prostitué(e) suivant la fréquence et la longueur de nos rapports sexuels estimée par les services de l’État. Vu que le tarif de base, pour une prostituée, est de 200 euros par heure, cela ferait, avec 20% de TVA, 40 euros pour un rapport d’une heure (en comptant les préliminaires). Il faudra ajouter les frais de taxi bien entendu, le taxi que le couple n’a pas été obligé de prendre, car ils habitent ensemble. Pour établir la tarification précise, des fonctionnaires seront employés pour évaluer la valeur marchande de monsieur et madame, via des démarches annuelles à domicile, et d’autres démarches à chaque changement de partenaire. En effet, par souci d’équité le tarif doit s’adapter à la qualité du service rendu. Cette mesure pourrait faire gagner 100 milliards de plus à l’État en un an.

Mais du travail reste à faire. Ainsi, quand on fait la vaisselle, soi-même au lieu d’employer comme Macron une femme de ménage déclarée, c’est bien un salaire qu’on se verse à soi-même. Comment se fait-il que ces heures de ménages échappent au FISC ?

« Certains ménages des plus défavorisés n’emploient pas de femme de ménage, mais ne font pas la vaisselle, ni aucun type de ménage non plus. Il est des foyers où la notion d’hygiène n’est pas culturellement admise. Taxer les revenus de ménage des ménages est une idée à laquelle je m’oppose vigoureusement, précisément par souci d’équité sociale. » a immédiatement déclaré Hamon, rassurant son électorat.

 

Jean Lenfoiret, écrivain français