Obélix rebaptisé Abdelix dans le nouvel album « Astérix et la Transitalique »

En tête des ventes depuis sa sortie le 19 octobre, l’Album « Astérix et la Transatlantique » alimente la controverse. Plusieurs lecteurs se sont plaints de la suppression de la traditionnelle carte de Gaule et de la mention du « village peuplé d’irréductibles Gaulois » qui « résiste encore et toujours à l’envahisseur ». Le nouveau nom donné au personnage d’Obélix fait également polémique : dans ce 37e album, il a été rebaptisé Abdelix, un choix éditorial qui fait grincer des dents du côté des puristes.

« Un parti pris éditorial »

Faut-il y voir un oubli ? Non, il s’agit d’un choix délibéré selon l’éditeur. « Vous imaginez bien que quand on imprime cinq millions d’exemplaires, on n’oublie pas des pages entières », répond Eglantine Lamoule, représentante d’Hachette, surprise de la question. Les éditions Hachette auraient-elles cédé aux sirènes du politiquement correct ? « Nous avons inséré une carte du monde dans l’album. Nous jugions cela plus utile que de mettre une carte de la Gaule. C’est un parti pris éditorial. Nous ne sommes plus dans les années cinquante, le repli franco-français, c’est fini ! », poursuit-elle.

« il n’a pas été remplacé, il a été actualisé »

Quant au nouveau nom d’Obélix, « il n’a pas été remplacé, il a été actualisé », nuance Eglantine Lamoule. « Cette polémique ridicule occulte tout le travail éditorial qui a été mené en amont. Nous sommes le premier éditeur français à avoir élaboré une publication en concertation avec toutes et tous les acteurs et actrices associatives et associatifs concerné.e.s ! En partenariat avec 8 associations, parmi lesquelles SOS racisme, « Fleurs de banlieue ke du bonheur », le Collectif contre l’islamophobie en France, et l’Intersyndicale antispéciste des obèses en lutte, nous avons étudié l’incidence de divers choix éditoriaux sur les jeunes lecteurs. Notre étude, menée sur un panel de 130 personnes non-privilégiées, a été validée par le comité de pilotage de la mission interministérielle de prévention des amalgames, présidée par Rokhaya Diallo. Les conclusions sont sans appel : lorsque le taux de prénoms renvoyant au privilège blanc dépasse les 20%, nous avons constaté une hausse de 187% du syndrome post-traumatique colonial en moyenne chez les individu.e.s sondé.es ! »